RIVAGES D’OUTRE MONDE PDF

Création 2010 danse/musique/image/installation sculptures

C'est le fruit en gestation d'une collaboration entre la Compagnie Robinson et la Compagnie Praxinoscope. La danse contemporaine de Claude Magne parmi les sculptures de Vincent Vergogne se fera le transfuge poétique d'une pensée amérindienne longtemps enfouie mais sévèrement actuelle. Un souffle de voix, prolongement du son de la flûte interprètera le discours du chef indien Seattle, réécrit par la poétesse Fabienne Courtade tandis que deux musiciens accompagneront le spectacle d'un instrument rare : la Txalaparta.

« Pourquoi rajouter un corps de blanc parmi les sculptures végétales au masque de bronze ?

La peau est réversible et la couleur blanche n'est qu'apparente. Elle n'a en fait qu'une seule teinte, celle que lui donne le sang, la terre et le soleil.

Laisser vibrer cette peau est l'hommage rendu aux paroles de Seattle, qui prédisait l'universalité et l'intemporalité de son message.

Danser n'est pas un acte personnel, ni expressif, ce n'est pas une manière d'exister, mais d'insister, de laisser apparaître ceux qui n'ont plus ni bouche, ni visage, ni mains, et qui passent ici et là au travers des formes visibles. Danser, pour moi, c'est ouvrir la porte aux fantômes, aux revenants qui m'accompagnent depuis toujours, foule innombrable et dense.

Toute ma pratique est orientée vers ce seul but : disperser l'opacité de la chair, desceller l'ego encombrant, afin d'offrir un corps vivant au peuple de la nuit, aux forces tutélaires. Ce qui alors se manifeste n'a rien à voir avec l'identité de surface et exige de moi abandon et précision dans l'articulation de cette parole innommable. » Claude Magne