Va où FICHE TECHNIQUE

est composé sous la forme d’un rituel initiatique. Quatre lignes s’y mêlent et se tressent.

La première, ce sont les différents états de danse.
La danseuse semble peu à peu s’éveiller à l’espace. D’abord, elle avance dans une relation à l’espace intime, en elle, près d’elle, où les jeux articulaires et les variations subtiles de l’énergie sont les appuis de l’écriture chorégraphique.
Plus tard, elle mobilisera le corps dans sa globalité, sorte de voyage total, transport vers le déploiement de sa puissance musculaire jusqu’à un envol dans le silence de la nuit.

La seconde ligne est la mise en œuvre de matériaux plastiques, rotin, bambous, fils, qu’elle découvre et qui, pour finir, construiront un oiseau, terme et prétexte à sa disparition.

La troisième ligne la conduit à traverser la tombée du jour. L’expérience est celle du passage du crépuscule à la nuit, la préparation au départ dans le sommeil.
Oiseau du jour, oiseau de la nuit, chant de l’endormissement, de l’extinction des feux.
L’unique lumière dans laquelle elle baigne au début, cède sa place à la fragmentation de faisceaux lumineux issus d’une montagne volcanique, puis à une unique et minuscule source lumineuse, comme un ver luisant, qui migre et s’efface dans le noir.

La quatrième ligne est musicale, elle voyage depuis le sonore élémentaire : eau, chants d’oiseaux, fibres végétales, et apporte comme le vent des mélodies de Chine et de Mongolie. Pays des cerfs-volants, des espaces de steppes où se perdent les traces.

La scénographie est composée d’objets suspendus, mobiles, spiralés dont le mouvement entre en résonance avec la danse. Images d’un monde mouvant que rien ne peut stabiliser. La légèreté des feuilles de lotus, des baguettes, contraste avec « la Montagne », objet lourd qui s’enracine sur le plateau.

Différents jeux sont inventés par l’intégration de ces éléments. Ils forment le rituel de ce spectacle initiatique.

Il est question d’axe, de gravitation, de révolution, de métamorphose.

Le cycle de l’apparition des jours et des nuits, l’attente de ce qui change, le retour des planètes, la présence et l’absence, le visible et l’invisible.
Pourtant si le rythme global peut s’apparenter à celui d’une méditation, il règne ici une certaine paix, l’ensemble est joyeux, retenu, tout se déroule sur le mode du jeu.

L’artiste ne cherche pas à représenter, elle vit pleinement chaque instant, engage sa sensibilité et partage cet acte avec les enfants. Une certaine intimité s’y révèle, loin de tout effet spectaculaire artificiel. L’être humain prend simplement sa place dans cet univers miniature et invente un chemin de mystère et de poésie.

Claude Magne